On ne dira jamais assez de bien d’Elvis
Il veut revenir.
Oui, voilà, en plein milieu de février, au moment où mon corps s’était enfin arraché à la douleur de l’âme. Il veut revenir.
Pendant que je flotte avec la petite neige, pendant que le calendrier des échéances professionnelles me fait des clins d’oeil tapageurs, il veut revenir.
Je n’arrive pas vraiment à retrouver ce qui, de moi, souffrait. J’avais fermé la porte, pour pouvoir vivre. J’en avais ouvert une autre, grande ouverte oui celle-là, qui accueillait le vent et le plancton et les sourires.
C’est ce qui arrive quand on n’enterre pas ses morts correctement.
Dissolution
C’est un matin de réveil «Oups!». Avec la gorge arrachée, le nez congestionné, le mascara coulé, le corps pas contenté, et l’esprit embrumé.
C’est un matin de multiples rappels de Google Agenda concernant la semaine qui s’en vient, de vaisselle qu’il faut vraiment, mais vraiment faire, et de… soleil.
Oui, il fait un beau soleil.
Ressaisissons-nous!
Oui, c’est bien ce que se dit eternalwriter, se parlant au pluriel comme la royauté qu’elle est, en ce dimanche matin de janvier.
Se ressaisir, d’abord, parce que mine de rien, j’ai été pas mal ailleurs ces derniers temps. Dans une sorte de magma semi-désirant, semi-anxieux. En effet, le désir, surtout celui qui est accroché solide à un fond d’anxiété, eh bien ça use. Il y a des limites à ce qu’un corps peut supporter et franchement, je trouve que ça n’a pas été assez documenté. Mais je pense aussi qu’il faut être fou pour s’y accrocher autant que je le fais.
À bien y penser — comme ça, un dimanche matin —, je me dis qu’il n’y a pourtant vraiment pas matière à s’énerver (ou même à s’exciter): des baisers, et puis un corps encore inconnu, et puis, surtout, oui surtout, l’incertitude et l’attente. C’est pas comme si j’en étais à mes premières armes dans le domaine, hrm… Been there, done that. Il faut donc se rendre à l’évidence: mon anxiété a trouvé un nouvel ancrage maintenant que j’ai coupé dans le travail (ou plutôt: le badtrip de travail) de fin de semaine. Damnation! Pas sûre, finalement, que ce soit une bonne idée de compenser par le désir/sexe, surtout en l’absence d’un volontaire vraiment disponible.
Je me ressaisirai donc parce qu’il y a du travail à finir, des gens qui attendent leurs notes, des fautes à corriger, des cours à planifier, etc., et qu’en y mettant de l’effort je finirai bien, un de ces jours, par développer de l’intérêt pour le tricot.
Et hop, que je me fusionne
Un jour on retrouve une ancienne identité, bien enfouie sous huit couches d’oubli de pseudos. Des mots encore d’usage mais, à force, ça fait exotique de se relire soi-même.
Et hop, que je me fusionne! Vive WordPress qui permet de faire migrer des blogs d’une identité à l’autre, tout en conservant leurs thèmes distincts.
J’avoue que j’aurais bien aimé, peut-être, garder mon ancien pseudo aussi. Mais bon, je ne fais pas trop confiance à ma capacité de mémoire quand vient le temps de me rappeler mon 48e mot de passe (et à laquelle des six adresses de courriel correspond-t-il celui-là, hmm?).
Au moins, là, je pourrai gérer ma personnalité dissociée de façon beaucoup plus régulière!
If I had a glass of wine, I’d drink to that, my dear.
Ouaip, et moi itou!
Fiouuuff. Je déconne vraiment trop.
Lost & Found in 2010
I hesitated for some time about this post. I mean, it belongs to a short, but real tradition of mine on my different blogs and different identities — except that I broke my own tradition at least once (maybe twice?) in the past few years. I guess it’s best to take it then as an… isolated case of return to tradition! In any case, here it is:
LOST:
- The Man I felt I could spend the rest of my life with
- One mitten and the matching tuque (although they were lost on separate occasions)
- Lots of clothes (for I don’t fit into them anymore)
- The idea that it’s okay to have no life outside of my job
- The idea that being a woman in the academic world doesn’t change a thing at all
- A few courses I loved to teach (see below)
FOUND:
- Tenure
- A chairing position for the next three years
- A (small) research grant
- A few pounds around the waist
- The necessity of caring for myself
- A great new colleague and friend
- More white hair on my head
- (Again) the desire to kiss strangers
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The reason I hesitated to do this end of the year round-up is now clear: it all seems so boring! Finally get tenure, lose your love, gain weight, blah blah.
The thing is, I had never anticipated this whole life of mine. I had not prepared for what is considered «the real thing». Somewhere between 2009 and 2010, I ended up having all that we are supposed to dream of in terms of stability.
I had not prepared for stability. And it’s a good thing, too, because some of it just blew up in my face.
I had never imagined what «being 36 years old» would mean.
And well, to tell you the truth, I’m stumped. All I know is that the whole love-in-the-hallways, mid-semester madness and never-sleep-but-it’s-okay part of my life is over. I still have to figure out what to do with… the rest of it.
Happy new year everyone!
