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Le lendemain du lendemain de Noël
Je suis à veille de crier de platitude. Le lendemain du lendemain de Noël doit être classé, j’en suis sûre, au patrimoine mondial des journées les plus plates. Celles où il ne se passe rien, tellement rien que même le Boulevard Bourgeois où j’ai mon troisième étage a l’air déserté.
Bien sûr, j’étais censée commencer la Correction aujourd’hui. Bien sûr, j’ai plutôt, pour le peu d’heures que j’ai passées éveillée, entrepris le réaménagement de mon bureau.
Résultat des courses: les piles «à classer» résultant d’une session complète ont été déplacées et, ce faisant, ont grossi à vue d’oeil pour atteindre des proportions proprement monstrueuses.
Sinon eh bien, j’ai parlé aux chats.
Je me suis retenue d’écrire à l’autre, là, des choses d’amour qu’il ne mérite même pas.
J’ai donc, disais-je, parlé aux chats et déplacé des meubles. (Forcément il a fallu que je leur explique que, vue d’en-haut, la disposition du bureau était beaucoup plus agréable comme ça, mais que je ne pouvais rien garantir pour la vue d’en-bas.)
Je me demande ce que font les gens, aujourd’hui. Probablement en train d’essayer leur nouveau jeu sur le x-box ou de dodeliner de la tête* devant leur nouveau i-Pod. Moi j’ai eu des gels-douche et des chocolats pour Noël, et il y a quand même des limites au nombre de douches qu’on peut prendre en une journée, de même qu’au nombre de chocolats Laura Secord qu’on peut manger sans risquer une indigestion ou une crise de tachycardie. Bref, avec des gels-douche, on se retrouve rapidement désœuvrée.
Probablement que tout le monde est en train de soigner la fièvre de leurs 2,1 enfants (c’est la moyenne pour mes amis) dans leur maison qui n’est pas pentoute en ville. Ou de faire de la correction parce que eux, ils sont sages. Ou de regarder un film avec leur conjoint-e en pantoufles, ce qui, il faut l’avouer, est la seule activité qui a de l’allure pour un lendemain de lendemain de Noël.
Heureusement il y a le vin de dépanneur. Je vais lui laisser une place spéciale dans mon palmarès des bonnes choses de la vie quand je mourrai. Ce sera probablement ex aequo avec les lundis sans cours le matin et les journées où les chats ne vomissent pas sur le tapis.
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* Peut-on vraiment dodeliner d”une autre partie du corps que de la tête?
P.S. Je sais que je parle dans le vide, et c’est voulu depuis que j’ai repris ce blog. Mais j’ai quand même réactivé la fonction des commentaires pour les nouveaux posts.
Le dernier e-mail
C’est celui qu’on vient d’écrire et qu’on relit pourtant cent fois, en butant, chaque fois, sur LA coquille. Et sur LA phrase ambiguë, celle qu’on aurait dû relire avec plus d’attention.
Mais c’était le dernier.
Tiens bon, résolution!
Quand on signe «Ciao, babe.», on… vit avec. (Bon, peut-être pas autant que le «Goodbye» de l’ancienne Stupendous Woman, mais c’est le mieux que je puisse faire avec cette nouvelle persona complètement mauviette que je me suis colletée.)
Je tiens tout de même à préciser que c’était une réponse, oui, une réponse, à une missive non attendue. Parce qu’il faut bien ne pas s’avouer vaincue.
J’aurai le dernier mot.
J’aurais bien voulu mettre un titre.
Je ne sais pas si les vrais mots vont finir par sortir de moi. Autre chose que des balbutiements qui, d’une façon ou d’une autre, se résument tous à «Tab… ça fait mal».
Tantôt je dansais dans ma cuisine; un collègue, cet après-midi, m’avait parlé de notre party de Noël général qui s’en vient rapidement — une occasion de bordel pas possible, ces trois dernières années — et je voyais la piste de danse, comme ça en dansant dans ma cuisine, et je l’y voyais aussi, l’autre, lui, celui qui m’a dés-aimée.
Même si mon corps a encore (et surtout maintenant, maintenant que j’ai tellement de temps libre) des envies de jouir et d’aimer, il n’y a pas de cible. Rien que du pourri sur place, quelqu’un qui regarde désespérément ailleurs depuis trois semaines, et…
… et moi je reste là avec mon envie de danser et de l’aimer, et l’humiliation et la colère s’y mêlent. Je voudrais pouvoir tuer (au moins maintenant, au moins pour quelque temps) tout ce qui de moi aime et désire encore.
Ça ne m’était pas arrivé depuis mon début vingtaine, quelqu’un qui part comme ça, tout d’un coup, (qui part par e-mail, par surcroît), quelqu’un qui semble pouvoir faire fi de tout. Ou, en tout cas, qui semble trouver tout d’un coup que rien ne valait le coup.
Je l’ai déjà dit, mais je vais le redire: je pensais que j’étais… arrivée quelque part.
Tabarnac.
Une autre semaine, encore.
Colère, alcool (trop), travail.
Paroles (trop). L’oreiller n’est pas accueillant, et il n’y a pas de paix.
Chaos matériel. Poussière.
Deux chats traînent à terre.
Je n’ai pas assez souri.
Je suis seule.
C’est difficile de croire qu’il y a des gens à qui ça arrive: une maison, une main qui ne les lâche pas.
Une main qui ne les lâche pas.
I am without.